20.08.2008
TDF : «La CSC ne pouvait faire mieux»

Jean-François Bernard, vainqueur de Paris - Nice en 1992 et troisième du Tour de France en 1987, est le consultant de www.lequipe.fr. Chaque jour, il nous livre son analyse et dissèque la course et ses enjeux. Pour lui, les CSC ont livré une partition parfaite (photo L'Equipe) mercredi et n'auront rien à se reprocher s'ils ne gagnent pas le Tour : Sastre était la meilleure carte à jouer en vue du contre-la-montre de samedi.

« Jean-François Bernard, malgré les trois cols hors catégorie au programme, les CSC ont attendu la dernière ascension pour lancer l'offensive. Etait-ce la meilleure stratégie ?
Quand on voit le résultat, oui. Ils ne pouvaient pas faire mieux : Carlos Sastre gagne l'étape, il prend le Maillot Jaune devant son coéquipier Frank Schleck, Cadel Evans est distancé, Andy Schleck a toujours le Maillot Blanc et la CSC domine le classement par équipes. Le tableau est complet ! Ils n'auront rien à se reprocher s'ils ne gagnent pas le Tour. Surtout, Bjarne Riis a joué la carte la plus pertinente pour le contre-la-montre où Sastre est plus en mesure de résister aux rouleurs (Evans, Sastre) que Frank Schleck.

Pourquoi Andy Schleck, qui semblait très fort, n'a-t-il pas attaqué ?
Le plus jeune des frères Schleck a encore été phénoménal aujourd'hui. C'était sûrement lui le plus fort, même plus que Carlos Sastre. Peut-être que les CSC auraient pu en profiter plus : s'il avait attaqué avant ou après Sastre, il aurait pu l'aider à creuser l'écart. Mais, l'option de le laisser avec son frère était bonne aussi. A ce moment-là, tellement de choses pouvaient encore arriver.

Avec 1'34'' de retard sur Sastre avant le dernier contre-la-montre, Cadel Evans est-il en position idéale pour la victoire finale ?
Sur le papier, Evans est largement supérieur en contre-la-montre. Mais il pourrait très bien payer les efforts fournis dans la montagne. On arrive en fin de troisième semaine et la fatigue nivelle les écarts entre les coureurs. De plus, le parcours vallonné du chrono de samedi est moins handicapant pour Sastre qu'un tracé tout plat. Le Tour restera ouvert tout comme la bataille pour le podium : pour moi, Sastre, Evans et Menchov devraient être les trois premiers à Paris. Reste à savoir dans quel ordre. Frank Schleck et Bernhard Kohl seront trop loin dans le contre-la-montre.

Peut-on attendre des attaques dans les deux prochaines étapes ?
Cela m'étonnerait. Jeudi, le parcours est accidenté avec une côte de 2e catégorie à trente kilomètres de l'arrivée qui pourrait être propice aux attaques mais les coureurs sortent de deux énormes étapes de montagne. Les leaders vont avant tout chercher à profiter des 48 heures à venir pour récupérer avant le contre-la-montre.» - Recueilli par Anthony THOMAS, à l'Alpe d'Huez