20.08.2008
TDF : Sastre : «La meilleure stratégie»

Bjarne Riis et ses coureurs n'ont cessé de clamer depuis l'arrivée à Hautacam que l'équipe CSC avait deux leaders. Mercredi, Carlos Sastre a concrétisé ces déclarations en prenant le Maillot Jaune à son coéquipier Frank Schleck. Une première pour l'Espagnol de 33 ans, souvent placé mais rarement gagnant dans les Grands Tours. « Attaquer d'en bas était la meilleure stratégie pour moi, a-t-il expliqué en conférence de presse. J'ai pu adopter le meilleur rythme pour grimper et creuser l'écart. »

« Carlos Sastre, vous remportez l'étape-reine du Tour et prenez le Maillot Jaune. Est-ce le plus beau jour de votre carrière ?
C'est un rêve qui s'est réalisé aujourd'hui. Ce moment, j'en avais rêvé toute ma vie. Il n'aurait pas été possible sans le travail de l'équipe ni la liberté que m'ont donnée Andy et Frank Schleck, ainsi que Bjarne Riis, pour que je puisse attaquer et prendre un maximum d'avance avant les prochaines étapes.

L'étape s'est-elle déroulée selon la stratégie de l'équipe ?
Pas exactement. C'était une étape très longue et très dure. Ce matin, le plan était de durcir la course très rapidement. Dès la montée du Lautaret, nous avons constaté qu'il y avait beaucoup de vent. Alors nous avons voulu profiter des qualités de l'équipe : nous sommes trois bons grimpeurs, Frank (Schleck), Andy (Schleck) et moi. Les autres sont plus puissants. Le plus intelligent était de profiter de leurs qualités de rouleurs. Ils ont roulé pour nous afin que nous ayons encore des réserves au pied de l'Alpe d'Huez avant d'attaquer des coureurs comme Evans ou Menchov qui sont plus forts en contre-la-montre.

Qui a décidé de celui qui allait attaquer, entre Frank Schleck et vous ?
Au pied de l'Alpe d'Huez, j'ai pris la décision personnellement. Avant de partir, j'ai dit à Frank : "J'y vais''. Il m'a répondu : "d'accord''. Je savais que pour un grimpeur pour moi,, la meilleure stratégie était d'attaquer dès le début de la montée, quand la pente est la plus raide. Quand je me suis retrouvé seul à l'avant, mon seul objectif était de gagner un maximum de temps. Derrière, Andy a fait un travail sensationnel pour répondre aux contres de Cadel Evans.

N'avez-vous pas craint la défaillance en attaquant dès le pied de l'Alpe d'Huez ?
Après le gros travail de mes coéquipiers dans la Croix-de-Fer, j'ai vu que tout le monde était fatigué à ce moment-là. Attaquer d'en bas était la meilleure option pour moi : je me connais bien, j'ai pu adopter le meilleur rythme pour grimper et creuser l'écart.

Votre écart sur Cadel Evans (1'34'') est-il suffisant avant le contre-la-montre de 53 kilomètres samedi ? Comptez-vous attaquer d'ici là ?
Sincèrement, je ne sais pas. Je veux d'abord partager ce moment de bonheur avec mes coéquipiers. Je ne veux pas me prendre la tête avec cela pour l'instant. Aujourd'hui, j'ai donné le maximum dans la dernière montée. Maintenant, je pense surtout à me reposer pour arriver le plus frais possible au départ du contre-la-montre.»

Propos recueillis par Anthony THOMAS, à l'Alpe d'Huez