TDF : Evans : «Les CSC le méritent»
Pour la première journée de repos, c'était musique rock et champagne. Lundi, Cadel Evans et son équipe Silence-Lotto avaient laissé le show dans les cartons : l'Australien, qui n'est plus leader au classement général depuis dimanche, s'est présenté à sa conférence de presse sans paillettes et ses invités ont dû se contenter de bières et d'eau gazeuse sous la chaleur italienne. Troquant son Maillot Jaune pour un T-shirt violet défendant la cause tibétaine, Evans n'est pas apparu trop vexé d'être rentré dans le rang. «Ma première pensée après avoir perdu le Maillot, c'est que j'allais avoir plus de temps à consacrer à ma femme qui était venue me voir», a-t-il plaisanté.
Plus sérieusement, l'Australien a reconnu que cette nouvelle situation lui enlevait de la pression sur les épaules : « Les CSC ont pris le Maillot (Jaune). Ils le méritent. Qu'ils se débrouillent avec (...) Sans vouloir offenser mes coéquipiers, ils ont la meilleure équipe. Ils vont avoir la responsabilité de la course maintenant. Nous allons voir comment ils s'en sortent. » L'autre remarque qui traduit son goût pour la discrétion est son commentaire sur Christian Vandevelde (Garmin), cinquième au général : « Il est toujours là, mais un peu en retrait. C'est bien de ne pas être toujours sous les projecteurs. Moi, cela m'a amusé pendant dix minutes après avoir reçu le Maillot Jaune (rire). »
« Pas encore à 100 % »
Avant les deux grandes étapes alpestres, Evans assure que les séquelles de sa chute dans les Pyrénées ont presque disparu : « Je ne suis pas encore à 100 %. Par exemple, je ne peux pas dormir sur le côté gauche mais je me sens de mieux en mieux. » Avec cinq concurrents en moins d'une minute à cinq étapes de la fin du Tour, Cadel Evans ne plaisante pas quand il explique que «chaque kilomètre aura une importance extrême jusqu'à Paris» : « Tout peut arriver. Dans ce cas-là, il faut être fort en maths et bien sentir la course... surtout bien sentir la course en fait. »
Au niveau arithmétique, l'Australien n'est pas encore prêt à avouer le temps qu'il peut perdre sur les grimpeurs (F. Schleck, Sastre, Kohl) avant le dernier contre-la-montre : « J'ai une idée en tête. Mais j'espère bien ne rien céder d'ici le chrono. En théorie, je suis meilleur dans ce type d'exercice. Mais on est sur le Tour. Tout peut arriver. » - A.T., à Cuneo