Dopage : Sinkewitz était suivi de près
Le sulfureux Patrik Sinkewitz avait tenté le mois dernier de mouiller la Fédération allemande (BDR) en affirmant que celle-ci savait qu'il se dopait depuis son forfait pour les Championnats du monde de Plouay, en 2000. La présidente de la BDR, Sylvia Schenk, a confirmé samedi que cette instance avait des soupçons et des informations concernant l'ancien coureur de T-Mobile, mais «p
as assez pour conclure à un cas de dopage, ni à l'époque ni aujourd'hui.»
M. Schenk a expliqué que le précédent président, Manfred Böhmer, l'avait alors «prise à part et dit : "Je dois vous informer en tant que présidente nouvellement élue de la fédération d'une information très confidentielle, que seulement deux à trois personnes connaissent". Il m'a alors dit qu'un jeune coureur avait été renvoyé chez lui, officiellement à cause d'un rhume, mais qu'en fait, il s'agissait d'un problème lors d'un contrôle interne. Böhmer m'a aussi dit qu'il s'occupait du problème et qu'il le maîtrisait.
Cela fait seulement deux semaines qu'on sait, grâce à Sinkewitz, qu'il s'agissait de dopage à l'EPO. (Mais à l'époque) ce n'était qu'une affaire de bilan sanguin anormal.»
Des contrôles «ciblés» depuis 2004
Ce n'était malgré tout pas un cas anodin puisque Patrik Sinkewitz était à l'époque un spécialiste redouté du contre-la-montre. Quelques années plus tard, il a donc fait l'objet d'un contrôle suivi, Mme Schenk affirmant avoir demandé pour lui des contrôles «ciblés» après sa victoire dans le Tour d'Allemagne en 2004. Mais il a fallu attendre le 8 juin 2007 et un contrôle positif à la testostérone, révélé durant le Tour de France, pour qu'il soit démasqué.
Le 24 novembre, le coureur affirmait dans le Süddeutsche Zeitung qu'en 2000, l'entraîneur de l'équipe d'Allemagne Peter Weibel «mesurait régulièrement dans sa chambre d'hôtel à Plouay (son) hématocrite.» «La valeur était tout près de la limite autorisée, ajoute-t-il. Juste avant le contre-la-montre, l'hématocrite était encore limite et il m'a dit: "Il vaut mieux que tu rentres à la maison" (...) Weibel ne m'a pas directement conseillé de recourir à l'EPO, mais il ne m'a pas non plus déconseillé de le faire.» (Avec AFP)